Et si pour une avalanche un peu violente on rasait Courchevel?Un mois après la tempête Xynthia et ses inondations meurtrières, l’état publie la zone noire des habitations à détruire en Charente-Maritime et en Vendée.En matière d'"urgence immobilière", l'état est généralement plus lent à la détente.Qui a le plus à perdre dans cette décision ne faisant que reporter de quelques kilomètres le problème majeur de cette région, non pas le niveau de la mer mais le prix de l'immobilier ?
Les zones concernées sont divisées en deux catégories d’habitations :D’un côté, celle des "locaux" présents depuis des générations (ostréiculteurs, pécheurs mais pas seulement). Certains ont les maisons les plus proches de la mer. Au fait des risques d’inondations, vous en trouverez peu parmi eux à la recherche de "responsables".De l’autre, les nouveaux venus de la ville n'ayant souvent pas plus à secouer des "locaux" que des risques de submersion. Avec un pouvoir d'achat plus fort, ils achetèrent en masse du terrain et du pavillon depuis vingt ans sur le critère « Oh la vache, je veux être au bord de la mer pour le week-end, les vacances et ma retraite ».France-Info précise que sur les 241 habitations prévues pour la destruction à l'Aiguillon sur Mer seules 25 sont des résidences principales, le ratio est à peine plus élevé à La Faute sur Mer.Dans ce raz-de-marée immobilier (pas top en terme de mixité sociale), j'ai observé une forte composante anglaise. Rapportés aux prix exorbitants des maisons à une heure d'Easy-Jet de là, des anglais achetaient du pavillon à des tarifs "soldés", n'y séjournant qu'une dizaine de jours pas an.Se sont accumulés en quelques années des pâtés de résidences "secondaires" (de fonction et de qualité) gonflant les prix d'une façon disproportionnée au regard de l'activité économique locale réduite au minimum "hors-saison".Les notables du coin, investissant à leur tour dans le locatif pour touristes, ont fait grimper la côte pour tous. Nombre de modestes locataires du cru ont du se rabattre à des dizaines de kilomètres à l'intérieur des terres. [1]Ces "zones inondables" ont en toute logique massivement perdu leurs jeunes au bénéfice du friqué venu de loin pour le week-end ou les vacances.Qui est le responsable de ce déluge à éponger au plus vite ? On retrouve main dans la main :- Les localités (spectre politique large) qui y ont vu une hausse de leurs recettes fiscales.- Les promoteurs et les banquiers. Ces zones furent propices à l'investissement locatif, spéculatif et autres De Robien.- Les particuliers (couples CSP+, retraités, anglais) qui ont voulu se la jouer "riviera" à prix cassé sans se soucier d'un risque d'inondation pourtant pas surprenant au regard de la topographie. (Indice : Quand on monte une côte pour accéder à la plage, c'est que l'on habite en zone inondable.)Apothéose du portenawak immobilier : Aujourd'hui, l'état annonce une expropriation prochaine à des locaux n'ayant parfois comme seuls biens des habitations transmises de génération en génération.Malheur dans le malheur, ils habitent pas loin de ces injures en béton ayant eu comme seule finalité d'engraisser banquiers, promoteurs et municipalités en caressant dans le sens du poil le désir de standing d'une poignée de revenus délocalisés (qui devraient tout de même toucher 250.000 euros de compensation).Ayant constaté les dégâts sociaux et écologiques (dont l'inondation est une conséquence) provoqués par cette intrusion massive, pour de courtes périodes, de nouveaux habitants à niveaux de vie plus élevés dans une économie "rurale" et la cascade d'injustices immobilières qu'elle provoque, c'est sur le concept même de résidence secondaire qu’il faudrait plutôt se pencher.
[1] Certains locaux à revenus moyens se sont éloignés de la côte pour reproduire à leur tour ce standing (pavillon + piscine) à l'intérieur des terres, décalant les inégalités de quarante kilomètres tout en s'infligeant des temps de transports supplémentaires.
Les zones concernées sont divisées en deux catégories d’habitations :D’un côté, celle des "locaux" présents depuis des générations (ostréiculteurs, pécheurs mais pas seulement). Certains ont les maisons les plus proches de la mer. Au fait des risques d’inondations, vous en trouverez peu parmi eux à la recherche de "responsables".De l’autre, les nouveaux venus de la ville n'ayant souvent pas plus à secouer des "locaux" que des risques de submersion. Avec un pouvoir d'achat plus fort, ils achetèrent en masse du terrain et du pavillon depuis vingt ans sur le critère « Oh la vache, je veux être au bord de la mer pour le week-end, les vacances et ma retraite ».France-Info précise que sur les 241 habitations prévues pour la destruction à l'Aiguillon sur Mer seules 25 sont des résidences principales, le ratio est à peine plus élevé à La Faute sur Mer.Dans ce raz-de-marée immobilier (pas top en terme de mixité sociale), j'ai observé une forte composante anglaise. Rapportés aux prix exorbitants des maisons à une heure d'Easy-Jet de là, des anglais achetaient du pavillon à des tarifs "soldés", n'y séjournant qu'une dizaine de jours pas an.Se sont accumulés en quelques années des pâtés de résidences "secondaires" (de fonction et de qualité) gonflant les prix d'une façon disproportionnée au regard de l'activité économique locale réduite au minimum "hors-saison".Les notables du coin, investissant à leur tour dans le locatif pour touristes, ont fait grimper la côte pour tous. Nombre de modestes locataires du cru ont du se rabattre à des dizaines de kilomètres à l'intérieur des terres. [1]Ces "zones inondables" ont en toute logique massivement perdu leurs jeunes au bénéfice du friqué venu de loin pour le week-end ou les vacances.Qui est le responsable de ce déluge à éponger au plus vite ? On retrouve main dans la main :- Les localités (spectre politique large) qui y ont vu une hausse de leurs recettes fiscales.- Les promoteurs et les banquiers. Ces zones furent propices à l'investissement locatif, spéculatif et autres De Robien.- Les particuliers (couples CSP+, retraités, anglais) qui ont voulu se la jouer "riviera" à prix cassé sans se soucier d'un risque d'inondation pourtant pas surprenant au regard de la topographie. (Indice : Quand on monte une côte pour accéder à la plage, c'est que l'on habite en zone inondable.)Apothéose du portenawak immobilier : Aujourd'hui, l'état annonce une expropriation prochaine à des locaux n'ayant parfois comme seuls biens des habitations transmises de génération en génération.Malheur dans le malheur, ils habitent pas loin de ces injures en béton ayant eu comme seule finalité d'engraisser banquiers, promoteurs et municipalités en caressant dans le sens du poil le désir de standing d'une poignée de revenus délocalisés (qui devraient tout de même toucher 250.000 euros de compensation).Ayant constaté les dégâts sociaux et écologiques (dont l'inondation est une conséquence) provoqués par cette intrusion massive, pour de courtes périodes, de nouveaux habitants à niveaux de vie plus élevés dans une économie "rurale" et la cascade d'injustices immobilières qu'elle provoque, c'est sur le concept même de résidence secondaire qu’il faudrait plutôt se pencher.
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[1] Certains locaux à revenus moyens se sont éloignés de la côte pour reproduire à leur tour ce standing (pavillon + piscine) à l'intérieur des terres, décalant les inégalités de quarante kilomètres tout en s'infligeant des temps de transports supplémentaires.

